D’un changement radical

Au devin, hier, j’ai pigé dans ses mains une seule carte, de la main gauche : la mort.

Les yeux du devin, bleus comme une enluminure royale, ont pénétré dans mes yeux, pendant que sa main gauche aux ongles longs et infiltrés de poussière retournait vers moi la large image du squelette. Je crois qu’elle avait au crâne une couronne, et une faux en guise de sceptre.

« Vous êtes sur le seuil… », et cætera.

En le quittant, j’ai jeté en l’air et à la rue tout l’argent que j’avais sur moi : un sou noir.

Il avait deviné, avec un peu de retard : la mort m’a amené dans son État, quatre mois plus tôt, puis m’a laissé repartir.

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