Les imposteurs triomphent

Au lancement d’un avion de papier comme d’une âme, tant de retenue dans le mouvement de la main qui abandonne vers le haut la feuille, tant de crainte qu’elle se loge dans les crochets de câbles métalliques, tant d’espoir d’une portée par l’air ambiant.

Et la feuille repliée sur elle-même tombe au sol, de l’autre côté d’un mur, dans une petite flaque d’eau comme un miroir du ciel, et meurt en s’imbibant doucement de sa pointe vers son aile encore tendue. Et les mots de souvenirs qu’elle contenait se dissolvent. Petites taches d’encre morte.

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