Soit

« Il ne pensait pas qu’il eût ennobli le groupe entier, que les membres eussent enfin acquis la cohésion et qu’il estompât leurs différends. Avec son dévouement, il parvint pourtant à démystifier l’assemblée, malgré que les croyances propres au peloton fussent immanentes. Naguère réservé, il délivrait l’auditoire de sa torpeur et confondait les opposants, espérant que la confiance ne lui manquât pas. Mais ce pouvoir était éphémère, bien que son autorité ne fût pas provisoire. Néanmoins, il poursuivait ses démythifications, pourvu que nous n’eussions pas d’objection et que nous vinssions l’entendre de bonne foi. Son inclination à la probité, à la justice et à l’intégrité était le motif de ses actions. La médisance des uns et la calomnie des autres ne l’oppressaient aucunement, il eût fallu que nous missions devant lui des mots vulgaires écrits avec de grandes lettres rouges pour qu’il les vît ou que nous les criassions pour qu’il s’en fâchât, ou pour qu’il pût commettre un quelconque acte de violence. Il était transparent, diaphane et son discours créait une prolongation dans l’esprit de ses auditeurs, du moins, pour autant que je visse chez ceux qui étaient raisonnables. Il disait n’être que le découvreur de ses idées, bien que nous sussions qu’il en avait été l’inventeur. Il avait dissimulé ses thèses dans une arche placée contre un mur décrépi en fredonnant une ballade. Cela était censé lui porter bonheur. Nous nous étions étonnés qu’il fît ce rituel détonnant de son habitude rationnelle. Que nous prissions la peine de le lui souligner ne l’affecta pas. Il était l’allégorie de la raison. Mais comme il fallait s’attendre d’une allégorie qui fut aussi étrange, il s’exprima alors en litotes sans que nous fussions déséquilibrés par cette antithèse. Passent les jours, vive cet homme ! »

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