Des couleurs vives à l’exploration de la nuance

Il y a longtemps que je n’ai pas écrit un texte d’opinion. C’est que l’opinion se fait rare. La mienne, je veux dire. Le temps où j’avais un jugement sur tout est aux antipodes du temps d’aujourd’hui. N’est-ce là que relativisme ou puis-je en imputer la raison aux fleurs d’une évolution ? Lorsque je relis des impressions d’antan, j’arrive facilement à les déjouer, à les nuancer, à les ébranler, parfois même à les faire chavirer en sens inverse. Il me reste toutefois le plaisir de les relire, avec un sourire un peu moqueur, avec surtout l’étonnement devant la verve, devant ce courage de l’expression, de la révolte, de prendre les mots comme des armes qui un jour me gagna. Je ne vois dans ces reconsidérations que le résultat des reflets blanchâtres apparus sur mes tempes, que celui d’un regard élargi, allongé, prolongé. J’ai pris racine.

Impossible de commenter.