L’espace fine insécable

« En quelques jours, il avait perdu toute sensation physique, il n’était plus que conscience sans la frontière du corps. Son cœur, il ne le ressentait plus battre ; la douleur, il ne la connaissait plus. Tout s’était arrêté, jusqu’à sa respiration. Rien n’était plus autonome, excepté sa pensée qu’il ressentait constamment comme une simple boule d’électricité statique, comme un soleil bouillant dans la tête. En peu de temps, il maîtrisait les déplacements fins et risqués dans l’espace dont il avait acquis une conscience absolue, sa force et son endurance s’étaient quadruplées comme s’il était soutenu par la main d’un génie invisible. Il n’avait plus la sensation de la fatigue, une sorte de puissance l’avait investi. Son ouïe et son audition s’étaient affûtées comme la lame d’un rasoir, il percevait tout avec haute résolution. Le moindre effleurement, le moindre parfum lui procuraient une sensation euphorisante. Il était mort, il le savait.

Au-delà de sa vie qui s’était terminée, tout se poursuivait dans une fusion parfaite avec l’Univers. Partout où il avançait, quelque chose suscitait son attention qui lui enseignait ce qu’il n’avait pas su, qui défaisait ses erreurs, qui lui révélait ce qui s’était toujours dissimulé autour de lui. Sur son chemin, il rencontrait d’autres morts comme des énigmes à résoudre. Les dieux allaient le guider, il devait d’abord purger son esprit de toute son amertume. »

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