Le peuple du frein

Récemment, les députés d’un parti politique recommandaient l’abaissement du plafond du Régime enregistré d’épargne-retraite, un mécanisme d’épargne avec report de l’impôt à payer sur cette épargne.

Une suggestion embourbée dans une idéologie fondée sur un ensemble de préjugés et de haine, qui ne souhaiterait voir la société que comme une chevelure rasée, sans cheveux qui dépassent, sans cheveux blancs ni colorés, un peuple de l’État à tout lui prendre, coupé de toute initiative, de toute entreprise, de son talent et de sa vigueur, le peuple du frein, aux hommes et femmes ne travaillant jamais pour eux-même ou pour leur famille et leur descendance. Une société maigre, celle des laxatifs et du Weight-Watchers, sans la bonhomie d’un certain embonpoint, sans la santé aux joues souriantes, sans vin, sans chocolat, sans huîtres et sans foie gras, une société de files d’attente et de joues creuses.

La majorité de ceux qui atteignent le plafond du REER sont des travailleurs autonomes qui ne toucheront aucun fonds de pension à leur retraite. Le REER est pour eux l’unique moyen d’accumuler des sommes pour leurs vieux jours, bien inférieures aux généreux fonds de pension des salariés.

Moi qui suis sensible à l’itinérance, je ne les compte plus, ces anciens travailleurs autonomes ou ces anciens cadres, un jour millionnaires et le lendemain dans la rue.

Le dernier préjugé social, le plus tenace, celui qui n’émeut personne depuis l’Antiquité, c’est la haine inquisitoire de la richesse.

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