Nelly Arcand me manque à 3h55 AM

S’en tenir à l’essentiel serait déjà cesser d’écrire. Je ne dirai pas ce que j’ai envie de dire. You’ll have to guess, comme disent les Montréalais de la nouvelle génération, celle qui ne sait ni parler français ni parler anglais, qui n’en parle que la moitié des deux. You’ll have to guess sans réponse.

D’où vient ce besoin d’écrire à qui ne nous lit pas ? Le vertige des extrêmes me manque, en ces périodes d’extrême-nuance. J’ai donné deux dollars au violoniste du coin de la rue Rachel et St-Denis. J’ai eu beau me forcer au retour du Jardin des Merveilles, la bouffe à chat dans un sac de plastique, la bouffe à Musique… J’ai fait semblant que sa musique avait touché au zénith, au granit de ma poitrine.

Ce matin, j’ai traversé le Square Victoria, ou la Place du Peuple. La statue de la reine était toute propre. Aucun graffiti en espagnol.

Mon nettoyeur juif a fermé. Tout disparaît, je l’aimais bien, avec son aura pacifique, le saint homme. Où ferai-je maintenant nettoyer mes costumes… Il venait pourtant de faire réparer sa presse à New York.

Non, c’est un jeu de marelle et un soleil jaune dessinés à la craie sur le trottoir qui m’ont arraché une larme. Putain que ça m’a rassuré.

Contre la mort, c’est une vie que j’ai envie d’écrire.

ApparenceDevinette

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