L’ascension

L’après-midi était léger, le corps suait encore un peu de ses efforts d’ascension au sommet du mont. Trente milliards de petites mousses blanches volaient au-dessus de la grande croix, comme des filtres aux rayons du soleil qui les pénétraient ou comme une autoroute des âmes après la mort. Sur le pilier Est de la croix, un graffiti souhaitait la bienvenue vers ce point cardinal. Un autre représentait deux mains qui se superposaient, l’une masculine et l’autre féminine. Au bout de chacun des doigts, des mots qui faisaient du bien étaient calligraphiés — paix, respect, écoute, partage, etc. — comme dans deux mains invitant à l’espoir. Tandis que je me trouvais sous la croix, en son centre, entre ses quatre piliers, je me demandais ce qu’il y avait derrière moi, au Sud. Tout à coup, j’entendis derrière mon dos en sueur une joyeuse fillette s’adresser à son père. Elle disait venir rendre visite à son grand-père. En me retournant vers elle, je vis qu’elle regardait la grande croix au-dessus de moi et la pointait du doigt en parlant de son grand-père qui était au ciel.

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