Évitement

Reporter à plus tard, toujours à plus tard. Encombrer l’entièreté de sa ligne du temps, des espaces entre les minutes de l’horloge, tout prendre, tout accepter pour reporter à plus tard ce grand plongeon, ce saut en parachute dans la réouverture du livre. Continuer à rêver au plaisir qui attend, au sentiment d’euphorie, celui du créateur, celui de l’affranchi du temps et de l’espace, celui de la remise en marche de la turbine de l’imagination quand, terminés les calendriers, les pages devenues un peu jaunies seront répandues devant moi, le sourire de la satisfaction aux lèvres et le souvenir de la souffrance aux yeux. Quand je me remettrai à cette écriture.

2 commentaires

    • Un jour, dans un minuscule musée d’art de Salta, en Argentine, il y avait une grande pièce blanche dont un mur était éclairé par un projecteur. On y voyait une plage avec une mer calme dont on pouvait entendre le ressac des vagues. À côté de l’image projetée, le titre de l’œuvre, de l’installation, se lisait ainsi: « Certains endroits peuvent être un enfermement ». La mer, habituellement associée à la liberté, devenait soudainement une limite, une frontière infranchissable, un lieu de claustrophobie, une prison.

      Écrire peut aussi être un enfermement.

      Merci d’être passée ici. Vous êtes rare.

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