Notre-Dame de Paris

Aujourd’hui, la cathédrale a brûlé. Tu jouais à insérer un à un dans ma tirelire en forme de maneki-neko des sous noirs que j’ai accumulés dans un petit coffre au trésor au fil des années. Je ne sais plus si j’ai acheté cette tirelire à mystères sur la rue Saint-Denis ou dans le quartier chinois. Les souvenirs s’effritent. Je te laissais faire, ça te rendait heureux. Tu ne sais pas encore la valeur de la monnaie. Tu ne sais pas que les sous noirs ne servent plus à rien sauf à mettre dans une tirelire ou à faire des vœux. Tu ne sais pas non plus que ce chat est censé te porter bonheur. Je te les donne.

Tu ne connaissais pas cette cathédrale. Je l’ai visitée quelques fois. Avant l’incendie, le souvenir que j’en avais, c’était les mendiants. C’était aussi tous ceux qui en tiraient profit. C’était les voleurs. C’était les appareils-photo, les touristes, les foules. C’était une chanson, un bossu, des siècles d’histoire. C’était son immensité.

Il y a près de 10 ans, j’écrivais les mots suivants en regardant disparaître des cathédrales :

Par ma fenêtre du Labrador
Je regarde passer les cathédrales
Elles se dessinent sur le ciel rose, au loin dans la banquise bleue
Et j’entends un bruit craquant : un mur s’écroule
L’édifice poursuit lentement sa route gelée
Mais déjà demain je ne le verrai plus
Un si grand bâtiment à la dérive
Il semblait pourtant éternel
Où vont les cathédrales ?

Aujourd’hui, je sais qu’elles reviennent. Tout ce qui est immense revient un jour autrement. Tout peut se reconstruire. Ne t’inquiète pas et joue encore. Un petit frère ou une petite sœur s’en vient. Tu lui partageras ce qui te portera bonheur.

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