Variations sur une même impression

« L’une de ces pulsions inéluctables d’écrire quand manquent l’inspiration, le sujet, l’objet. Écrire sans raison pour se soulager, pour se décharger.

Passer alors du néant à la petite création, du vide à la petite satisfaction.

C’est très masculin.

Hier soir, j’ai créé, au mieux, une mouche. »

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« Avoir le sentiment, ou tout juste la vague impression, de n’avoir plus le mot qui vient sans qu’on l’appelle, sans qu’on y songe, sans qu’on y travaille, de ne plus avoir le mot qui pulse en soi comme une horloge sur le point de sonner minuit.

Ça revient pourtant comme le temps, comme une touche magique, comme on change la pile dans l’horloge arrêtée suspendue au mur du salon. »

Pas encore de titre

Il y a longtemps que je n’ai pas assisté à un événement qui mettrait l’âme en mouvement. À part un petit groupe jazz moderne, jeudi soir dernier, dans un bar situé dans un sous-sol. Là-bas, mon corps solitaire s’est mis en mouvement sur un tabouret noir pendant que les doigts du pianiste s’éparpillaient à la vitesse de la lumière sur le piano.

Les temps sont monotones, c’est bel et bien le temps du non, le temps des embourbés. Il y a si longtemps que le « oui » se dissimule.

— Écrit le 6 août 2012.

D’en haut

En haut de la carte, de la neige.

Rien d’autre que de la neige.

Et des Inuits aux grands sourires.

Et l’art sur leurs pierres.

Et le rêve dans leur art.

D’en haut, on redonne la vie aux pierres.

— Salluit, 29 février 2013.